L'Italie s'efforce de stimuler les achats et la réutilisation des matières premières critiques

L'Italie s'apprête à adopter un ensemble de mesures visant à stimuler l'approvisionnement et la réutilisation de matières premières critiques, un projet de décret vu par Reuters montre, y compris des procédures d'autorisation plus simples pour l'octroi de concessions minières.

Le gouvernement du Premier ministre Giorgia Meloni s'est donné pour priorité d'extraire davantage de ces matériaux dans son pays afin de rendre les industries locales moins dépendantes des importations en provenance de pays comme la Chine.

L'Italie estime qu'elle peut s'approvisionner localement en 16 des 34 matières premières considérées comme critiques par l'Union européenne, dont le lithium et la bauxite.

Le projet, promu par le ministre de l'Industrie Adolfo Urso, déclare que les projets d'extraction, de transformation ou de recyclage de ces matériaux sont « non reportables et urgents ».

Les licences pour ces activités doivent être délivrées dans un délai maximum de 18 mois en vertu de ce programme, qui, selon les responsables gouvernementaux, pourrait être discuté par le cabinet dès jeudi.

Le gouvernement travaille dans le cadre de la loi européenne sur les matières premières critiques, une pièce maîtresse de la stratégie du bloc visant à garantir que son industrie puisse rivaliser avec les États-Unis et la Chine dans la fabrication de produits de technologies propres et l'accès aux matériaux nécessaires.

Une disposition du décret italien risque de contrarier les lobbies verts, car elle ouvre la voie à la délivrance de permis d'exploration de matières premières stratégiques sans aucune évaluation d'impact environnemental.

D'autres mesures permettent la réouverture de sites miniers fermés ou abandonnés, situés pour la plupart dans les Alpes, en Toscane et en Sardaigne.

Les sociétés détentrices de concessions minières devront verser à l'État ou aux collectivités locales entre 5 et 7 % par an de la valeur de leur production, selon qu'elle s'effectue sur mer ou sur terre.

Le projet définit également des mesures législatives pour un fonds tant attendu soutenu par le gouvernement pour soutenir les principales chaînes d'approvisionnement du pays.

Des sources ont précédemment déclaré que l'Italie s'apprêtait à choisir le prêteur d'État Cassa Depositi e Prestiti (CDP) et le gestionnaire d'actifs Invimit pour gérer le véhicule, CDP agissant par l'intermédiaire de son fonds d'investissement italien majoritairement détenu.

Le fonds dit « Made in Italy » sera créé avec 1 milliard d’euros (1,07 milliard de dollars) de liquidités de l’État, mais Rome prévoit de lever un milliard d’euros supplémentaire auprès d’autres sources extérieures à l’administration publique.

(1$ = 0,9313 euros)

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Nicolas