Les régulateurs de l’Union européenne se prépareraient à avertir MMG de son projet d’acquisition de l’activité de nickel brésilienne d’Anglo American (LON : AAL), craignant que l’accord ne menace la concurrence.
La Commission européenne (CE), l’organisme de surveillance de la concurrence de l’UE, prévoit de publier une communication des griefs, ou acte d’accusation, plus tard ce mois-ci, Reuters » a rapporté, citant trois personnes proches du dossier. Le document exposerait les préoccupations auxquelles MMG devrait répondre pour obtenir l’approbation.
Cet avertissement potentiel intervient alors que l’UE cherche à réduire sa dépendance à l’égard de la Chine pour les minéraux essentiels utilisés dans la défense, la technologie et les énergies renouvelables, dans un contexte de contrôle des exportations par Pékin sur certains approvisionnements en minéraux.
MMG pourrait éviter de recevoir l’acte d’accusation en proposant des solutions pour répondre aux préoccupations de la Commission, même si l’une des personnes citées par Reuters a déclaré que cette issue était peu probable.
Problèmes d’approvisionnement
MMG a accepté en février 2025 d’acquérir les activités brésiliennes de nickel d’Anglo, y compris deux opérations de ferronickel et deux nouveaux projets. La société minière cotée à Hong Kong est contrôlée par la société d’État China Minmetals.
La transaction a fait l’objet d’un examen réglementaire au-delà de l’Europe. L’autorité brésilienne de la concurrence a ouvert une enquête suite à une plainte de CoreX Holding, groupe industriel concurrent dans la région.
La CE a déclaré en novembre que l’acquisition pourrait donner à MMG la possibilité de détourner ses approvisionnements en ferronickel de l’Europe, affaiblissant ainsi potentiellement la compétitivité des producteurs d’acier inoxydable de la région.
Anglo a fait valoir que la transaction devrait être approuvée sans conditions, soulignant une expansion de l’offre de ferronickel auprès de plusieurs producteurs et la capacité des clients européens à changer de fournisseur.
La société a également déclaré que les mesures de l’UE limitant les importations d’acier chinois signifient que l’acier inoxydable chinois ne peut pas simplement être redirigé vers le bloc et ne devrait donc pas être considéré comme une menace concurrentielle.
Essai réglementaire
Cette affaire place la transaction à l’intersection de la politique de concurrence et des efforts de l’Europe pour sécuriser les chaînes d’approvisionnement en minéraux critiques, alors que les gouvernements scrutent de plus en plus l’implication chinoise dans les ressources stratégiques.
Une communication formelle des griefs ne bloquerait pas en elle-même l’acquisition, mais obligerait MMG à répondre aux préoccupations de la Commission en matière de concurrence alors que le régulateur évalue si l’opération peut être réalisée.




