Eramet en pourparlers avec la France pour se désendetter de la SLN nickel

Eramet est en « discussions très avancées » avec le gouvernement français pour sortir de son bilan plusieurs centaines de millions d’euros de dettes liées à sa filiale déficitaire dans le nickel, la SLN, en Nouvelle-Calédonie, a indiqué le groupe minier.

Les discussions de l’entreprise avec les autorités françaises s’inscrivent dans le cadre de négociations plus larges visant à sauver l’industrie du nickel en difficulté en Nouvelle-Calédonie.

Eramet, qui a refusé d’injecter davantage de fonds dans la SLN, vise à parvenir à un accord dans les semaines à venir avec la France pour supprimer de son propre bilan quelque 320 millions d’euros (345,82 millions de dollars) de dette de la SLN, a déclaré à la presse Christel Bories, présidente-directrice générale de la SLN. Mercredi, refusant de donner plus de détails.

Cette dette comprenait un nouveau prêt de 60 millions d’euros accordé ce mois-ci à la SLN par le gouvernement français, qui devrait permettre à la SLN de continuer à fonctionner au moins jusqu’en avril, a indiqué M. Bories lors de la conférence téléphonique.

Les discussions sur la dette entre Eramet et le gouvernement étaient distinctes des discussions plus larges sur l’industrie calédonienne et Eramet restait ouvert à différentes options à plus long terme pour la SLN, a déclaré le PDG.

« Nous ne pouvons pas en attendant continuer à accumuler des dettes, que nous ne finançons pas nous-mêmes, au bilan d’Eramet », a-t-elle déclaré.

Le ministère français des Finances n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaires.

La France a également proposé des prêts pour aider à éviter l’effondrement des deux autres sociétés de transformation du nickel de Nouvelle-Calédonie, Koniambo Nickel SAS (KNS) et Prony Resources.

Cependant, Glencore, copropriétaire de KNS, a interrompu ce mois-ci la production de l’usine de traitement de KNS pendant qu’il cherche un acheteur pour sa participation.

Eramet a publié un résultat annuel en forte baisse, reflétant la faiblesse des prix des métaux. Elle a enregistré une dépréciation d’actifs liée à la SLN pour 218 millions d’euros.

Les difficultés de la SLN contrastent avec la croissance rentable de l’activité nickel d’Eramet en Indonésie, où elle exploite la mine de Weda Bay avec le groupe sidérurgique chinois Tsingshan.

Evoquant un projet avec le groupe chimique allemand BASF visant à transformer le minerai de Weda Bay en nickel et cobalt pour les chaînes d’approvisionnement de batteries, Bories a déclaré qu’Eramet continuait d’étudier les options techniques mais n’était plus en mesure de donner un calendrier.

(1$ = 0,9253 euros)

Photo of author

Nicolas