Le Canada ouvre la voie à une fusion Anglo-Teck de 53 milliards de dollars

Le gouvernement canadien a approuvé la méga-fusion d’Anglo Teck de 53 milliards de dollars, ouvrant la voie à la création de l’un des plus grands producteurs de cuivre au monde alors que la demande mondiale pour ce métal s’accélère.

Même si la ministre de l’Industrie, Mélanie Joly, a donné son feu vert à la fusion pour des raisons de sécurité nationale en novembre, les législateurs devaient encore conclure que l’accord apporterait un avantage économique net au Canada dans le cadre de règles plus strictes en matière de prises de contrôle.

Cela a déclenché des négociations sur des engagements juridiquement contraignants de la part d’Anglo American. Il s’agit notamment de déplacer le siège social de l’entreprise de Londres à Vancouver et d’investir au moins 4,5 milliards de dollars canadiens (3,2 milliards de dollars) au Canada sur cinq ans, pour atteindre un minimum de 10 milliards de dollars canadiens (7,3 milliards de dollars) sur 15 ans. L’entreprise a également engagé au moins 100 millions de dollars canadiens (73 millions de dollars) dans des initiatives telles qu’un institut mondial de recherche et d’innovation sur les minéraux critiques et une formation élargie aux compétences liées à l’exploitation minière pour les établissements postsecondaires autochtones et canadiens.

Joly a déclaré que ces engagements stimuleraient la croissance et la création d’emplois tout en renforçant les intérêts stratégiques du Canada.

Ottawa a terminé son examen en un peu plus de trois mois, un délai plus rapide que prévu. À titre de comparaison, le gouvernement fédéral a mis environ huit mois pour approuver l’acquisition par Glencore (LON : GLEN) de l’activité charbon de Teck en 2024.

Le directeur général d’Anglo American, Duncan Wanblad, a déclaré mardi que cette approbation marquait une nouvelle étape vers la construction d’un leader mondial des minéraux critiques, citant le fort soutien des actionnaires des deux sociétés.

Le président et chef de la direction de Teck, Jonathan Price, qui occupera le poste de commandant en second de l’entreprise combinée, a déclaré que l’accord débloquerait des milliards d’investissements et générerait une nouvelle activité économique au Canada et à l’étranger.

Deuxième plus grande transaction

Les actionnaires ont approuvé la transaction la semaine dernière, ce qui constitue la deuxième plus grande transaction jamais réalisée dans le secteur minier, derrière la fusion de Glencore avec Xstrata en mai 2013, d’une valeur de 90 milliards de dollars.

La société fusionnée, Anglo Teck, conservera sa cotation principale à Londres, conservant son inclusion dans l’indice FTSE UK, ainsi que ses cotations au JSE, au TSX et au NYSE. Les actions des deux sociétés ont grimpé depuis l’annonce de la transaction, portant leur valeur marchande combinée à environ 60 milliards de dollars mardi.

La fusion Anglo-Teck de 53 milliards de dollars pourrait créer un complexe de cuivre plus grand qu’Escondida

Même si la fusion a obtenu des approbations clés au Canada et en Australie, les examens réglementaires se poursuivent ailleurs. Anglo American a déclaré que le processus d’approbation complet pourrait prendre jusqu’à 18 mois.

Les analystes de Jefferies ont prévenu que d’autres juridictions pourraient encore s’y opposer, citant le statut du cuivre comme minéral critique dont l’offre est limitée.

Les régulateurs en Europe, au Japon, en Corée du Sud, aux États-Unis, au Chili et en Chine examinent l’accord en raison de préoccupations antitrust, notamment pour savoir si un pouvoir de marché trop important serait concentré dans une seule entreprise. Anglo Teck contrôlerait un peu moins de 5 % du marché mondial du cuivre.

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Nicolas