Les États-Unis annulent un appel d’offres de 500 millions de dollars pour le cobalt suite à un coup dur pour les minéraux critiques

Le ministère américain de la Défense a annulé un appel d’offres pour l’achat de cobalt, ce qui constitue un nouveau signe des défis auxquels sont confrontés les pays occidentaux qui tentent de renforcer leurs approvisionnements nationaux en métal pour batteries.

La Defense Logistics Agency a pour la première fois sollicité des offres à la mi-août pour un montant pouvant atteindre 7 500 tonnes de cobalt au cours des cinq prochaines années, dans le cadre d'un contrat d'une valeur pouvant atteindre 500 millions de dollars. Il s'agissait de la première tentative du gouvernement américain d'acquérir ce métal depuis 1990, avait précédemment rapporté Bloomberg News.

La DLA a prolongé le délai de soumission des offres à plusieurs reprises, de la date d'échéance initiale du 29 août au 15 octobre. Aujourd'hui, l'appel d'offres a été abandonné, ce qui constitue un revers apparent pour les efforts américains visant à reconstituer leurs réserves de minéraux critiques après des décennies de déclin.

« Il y a des problèmes en suspens dans l'énoncé des travaux qui doivent être résolus avant que des offres puissent être sollicitées », selon un avis publié mercredi sur un site Internet du gouvernement américain. « Une fois résolue, la sollicitation sera rééditée avec une nouvelle date d'ouverture et de clôture. »

Le renforcement des chaînes d’approvisionnement pour des métaux comme le cobalt est devenu une priorité politique pour les États-Unis et d’autres pays occidentaux, alors que les gouvernements cherchent à réduire leur dépendance à l’égard de la Chine.

Le cobalt est utilisé dans les batteries rechargeables, notamment dans les véhicules électriques, ainsi que dans diverses applications dans les aimants et les systèmes militaires, tandis que ses alliages sont utilisés dans les munitions et les moteurs à réaction. Pékin domine le traitement du cobalt et a constitué un important stock d’État.

La tentative américaine d'acheter du cobalt est intervenue alors que les prix ont augmenté à la suite des contrôles à l'exportation introduits par la République démocratique du Congo, qui représente environ les trois quarts de la production mondiale de ce métal. La nation centrafricaine a remplacé cette semaine une interdiction totale des expéditions par un système de quotas.

Les prix de référence ont doublé depuis février, date à laquelle la suspension des exportations a été imposée. Avant cela, le cobalt était tombé en dessous de 10 dollars la livre, un niveau qui n'avait pas été dépassé depuis 21 ans, à l'exception d'une brève baisse fin 2015, selon les données de Fastmarkets.

La DLA recherchait des offres pour du cobalt de qualité allié auprès de trois producteurs : les unités de Vale SA au Canada, Sumitomo Metal Mining Co. au Japon et l'usine Nikkelverk de Glencore Plc en Norvège. Il a demandé aux fournisseurs de proposer des prix fixes pour les fournitures sur cinq ans et un amendement a été adopté le mois dernier excluant une marque de Vale.

Le gouvernement américain avait initialement prévu de dépenser un minimum de 2 millions de dollars et un maximum de 500 millions de dollars pour ce contrat.

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Nicolas