Le Canada a lancé un examen de sécurité nationale du projet de fusion entre Anglo American (LON : AAL) et Teck Resources (TSX : TECK.A, TECK.B)(NYSE : TECK), a déclaré mercredi la ministre de l’Industrie, Mélanie Joly.
Joly a confirmé qu’Ottawa évaluerait l’accord en vertu de la Loi sur Investissement Canada et rendrait une décision finale dans les mois à venir, affirmant depuis la Corée du Sud que l’examen de la sécurité est une étape standard dans l’évaluation des transactions étrangères, mais que le gouvernement s’attend à des engagements plus solides à long terme envers le Canada.
L’examen de la sécurité nationale examinera comment la transaction pourrait affecter les minéraux critiques et les chaînes d’approvisionnement associées. Le cuivre est désigné comme un minéral essentiel au Canada.
Teck et Anglo se sont engagés à consacrer environ 4,5 milliards de dollars au Canada sur cinq ans, même si une grande partie de cette somme avait déjà été annoncée par Teck, notamment l’agrandissement de la mine de cuivre de Highland Valley.
Anglo a également proposé de déplacer son siège social mondial de Londres à Vancouver, de rebaptiser Anglo Teck et de déménager ses cadres supérieurs, dont le PDG Duncan Wanblad et le directeur financier John Heasley.
Les experts du marché affirment qu’Ottawa n’est pas convaincu et souhaite qu’Anglo aille plus loin en s’installant au Canada, une décision qui la transformerait effectivement en une entreprise canadienne.
Ce recul survient après des décennies de prises de contrôle étrangères qui ont privé le Canada de grands champions miniers, notamment Alcan, Falconbridge et Inco. Teck elle-même a vendu 77 % de ses activités charbon à Glencore (LON : GLEN) en 2024 pour 6,9 milliards de dollars, le reste allant à Nippon Steel et POSCO.
L’examen minutieux de l’accord Anglo-Teck reflète une position plus dure sur la sécurité économique alors que le premier ministre Mark Carney s’efforce de reconstruire la capacité minière critique du Canada, qu’Ottawa considère comme directement liée à la souveraineté nationale.
Menace de dernière minute
Le projet de fusion de 53 milliards de dollars a survécu à un bref choc la semaine dernière lorsque BHP (ASX : BHP) a tenté d’acheter Anglo, pour ensuite retirer son offre trois jours plus tard.
Les actionnaires d’Anglo et de Teck voteront sur l’accord le 9 décembre. S’il est approuvé, la société minière combinée se classerait parmi les cinq premiers producteurs mondiaux de cuivre avec une production annuelle de 1,35 million de tonnes, dépassant la production d’Escondida de 2024 de 1,28 million de tonnes. Cet accord constituerait également la plus grande transaction minière de la décennie.




