Le Nevada arrive en tête du sondage du Fraser tandis que l’Ontario et la Saskatchewan progressent

Une vue de la mine Gold Bar au Nevada. Crédit : McEwen Inc.

Le Nevada a détrôné la Finlande en tant que meilleure juridiction au monde pour les investissements miniers, tandis que deux provinces canadiennes – l’Ontario et la Saskatchewan – se sont hissées parmi les trois premières, selon une nouvelle enquête.

Les résultats sont contenus dans la plus récente enquête annuelle de l’Institut Fraser sur les sociétés minières, publiée jeudi. Le groupe de réflexion basé à Vancouver interroge les dirigeants du secteur minier depuis 1997 pour évaluer comment les ressources minérales et les facteurs de politique publique tels que la fiscalité et la réglementation affectent les investissements en exploration.

Les États-Unis, le Canada, l’Australie et l’Europe ont tous placé deux juridictions chacun dans le Top 10 – une liste qui comprend également l’Australie du Sud, l’Arizona, l’Australie occidentale, le Botswana, la Norvège, la Suède et l’Arabie saoudite, qui sont passées du 20e rang en 2024. La Finlande, l’Alaska, le Wyoming, Terre-Neuve-et-Labrador et la Guyane ont tous quitté le Top 10 en 2025.

Le Nevada doit son avance du numéro 2 en 2024 à une combinaison de riches ressources minérales – en particulier l’or, l’argent et les minéraux critiques – et d’un environnement politique perçu comme stable et prévisible. L’État a reçu l’indice de perception politique le plus élevé de toutes les juridictions, reflétant des opinions favorables sur les autorisations, la fiscalité, la clarté de la réglementation et la gouvernance globale. Le Nevada s’est régulièrement classé dans le top 10 au cours des 11 dernières enquêtes.

Le rapport est basé sur une enquête menée auprès de 256 répondants travaillant dans les opérations d’exploration, de production et de conseil. Il a été distribué à 2 304 cadres supérieurs entre le 5 août et le 26 novembre, ce qui correspond à un taux de réponse de 11 %. Certains analystes ont critiqué le classement de Fraser, affirmant que le processus manque de définitions claires de la stabilité politique, des marchés du travail et de la géologie.

Nouvelles règles

L’émergence de l’Ontario en tant que juridiction minière la plus attrayante du Canada survient après que le gouvernement provincial a introduit des règles en octobre visant à réduire de moitié les délais d’approbation des mines – une mesure qui, selon le ministre de l’Énergie et des Mines, Stephen Lecce, rendrait la province plus compétitive dans la course mondiale à l’extraction de minéraux essentiels. L’Ontario s’était classée 15e dans le sondage de 2024.

La Saskatchewan, qui est passée du septième rang, se classe au deuxième rang mondial pour son potentiel dans un district connu pour ses gisements d’uranium et de potasse de classe mondiale.

Certaines juridictions canadiennes ne parviennent pas à tirer parti de leur fort potentiel minier en raison de l’absence d’un environnement politique solide susceptible d’attirer les investissements, selon l’Institut Fraser. Bien qu’ils se classent 11ème et 13ème respectivement pour le potentiel minéral, le Yukon et le Manitoba se classent au 47e rangème et 39ème en considérant uniquement les facteurs politiques, dit le groupe de réflexion.

« Les décideurs politiques de chaque province et territoire doivent comprendre que les gisements minéraux ne suffisent pas à eux seuls à attirer les investissements », a déclaré Elmira Aliakbari, directrice du Centre d’études sur les ressources naturelles de l’Institut Fraser et co-auteur de l’étude. « Un régime réglementaire solide et prévisible, associé à des politiques fiscales compétitives, contribue à rendre une juridiction attrayante aux yeux des investisseurs miniers. »

Inquiétudes des investisseurs

Parmi les autres provinces canadiennes, la Colombie-Britannique a perdu sept rangs pour se retrouver au 20e rang, en grande partie à cause des inquiétudes des investisseurs concernant les revendications territoriales contestées et les zones protégées, a déclaré l’Institut Fraser. Terre-Neuve-et-Labrador est tombée au 14e rang, les mineurs ayant exprimé leurs inquiétudes croissantes concernant, entre autres, le dédoublement de la réglementation de la province et de son système juridique.

Le Québec est resté stable au 22e rang, les mineurs interrogés exprimant une inquiétude accrue concernant les barrières commerciales et les infrastructures de la province.

L’incertitude entourant les zones protégées, les conflits de revendications territoriales, les réglementations environnementales et les incohérences réglementaires entravent tous les investissements miniers dans diverses juridictions canadiennes, selon le groupe de réflexion.

10 derniers

Si l’on considère à la fois la politique et le potentiel minier dans l’indice d’attractivité des investissements, le pays au monde le moins attractif pour les investissements miniers est la Chine, suivie du Burkina Faso et de l’Égypte, selon l’Institut Fraser. Les Philippines, le Mali, Chubut, Neuquén, la Bolivie, l’Irlande du Nord et la Guinée Conakry ont également été jugés peu attractifs.

Les réponses des dirigeants participants ont été utilisées pour évaluer 68 juridictions sur l’indice d’attractivité des investissements – une mesure composite qui allie le potentiel géologique aux perceptions des politiques gouvernementales et des cadres réglementaires.

Les dirigeants du secteur minier indiquent qu’environ 40 % de leurs décisions d’investissement sont influencées par des facteurs politiques, selon le groupe de réflexion. Le reste repose sur le potentiel minéral et les paramètres économiques.

Photo of author

Nicolas