L’UE envisage d’interdire le cuivre et le platine russes dans le cadre de nouvelles sanctions

L’Union européenne envisage d’interdire les importations russes de plusieurs métaux du groupe du platine et du cuivre dans le cadre de nouvelles sanctions visant Moscou pour sa guerre contre l’Ukraine, selon des sources proches du dossier.

Les restrictions, si elles sont soutenues par les États membres, pourraient concerner l’iridium, le rhodium, le platine et le cuivre, selon les personnes qui ont demandé à ne pas être identifiées car l’information n’est pas encore publique. Les sanctions de l’UE nécessitent le soutien de tous les États membres de l’UE, et le bloc vise à adopter le nouveau paquet ce mois-ci.

Les porte-parole de la Commission européenne, qui gère les sanctions pour l’UE, ont refusé de commenter.

Des marchés tendus

L’interdiction est prévue dans un contexte de marchés tendus pour les métaux ciblés. Les prix du cuivre ont atteint des niveaux records cette année dans un contexte de forte demande et d’offre minière limitée à l’échelle mondiale. Le platine est également en déficit.

Les métaux russes ont progressivement été expulsés des principaux centres commerciaux. Les sanctions britanniques interdisent au cuivre d’origine russe produit après le 13 avril 2024 d’être négocié ou livré sur le London Metal Exchange, tandis que le London Platinum and Palladium Market a retiré les raffineurs russes de sa liste de livraison en 2022.

Les traders misent déjà sur les nouvelles sanctions russes sur les métaux

Ces mesures ont réduit la demande, même parmi les consommateurs industriels, qui ne peuvent plus utiliser le métal russe pour se financer. Dans le secteur du cuivre, les acheteurs européens se sont largement détournés, plusieurs des plus grands producteurs russes ayant également été sanctionnés.

Pourtant, bon nombre de ces métaux entrent sur les marchés occidentaux, même si la majeure partie des volumes a été redirigée vers l’Asie.

Si elles sont adoptées, les nouvelles restrictions cibleraient principalement MMC Norilsk Nickel PJSC, la plus grande société minière de Russie, qui n’a pas été sanctionnée en raison de son rôle important dans les industries mondiales. Le mineur représente environ 40 % du palladium mondial utilisé dans les catalyseurs automobiles, ce que l’UE ne vise pas dans le nouveau paquet. C’est également le plus grand producteur russe de platine, d’iridium, de rhodium, de nickel et de cuivre.

Par ailleurs, l’UE envisage également une proposition visant à remplacer le plafonnement des prix du pétrole russe par une interdiction des services maritimes, Bloomberg signalé précédemment.

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Nicolas