L’UE demande à l’Allemagne d’ajouter un filet de sécurité basé sur les bénéfices à un paiement de 1,75 milliard d’euros (1,9017 $) pour l’arrêt anticipé des opérations de son deuxième plus grand mineur de charbon.
Un paiement public d'un montant pouvant atteindre 1,2 milliard d'euros à une entité du groupe EPH Group AG du milliardaire tchèque Daniel Kretinsky a été provisoirement approuvé par la Commission européenne, a annoncé mardi le ministère allemand de l'Economie. Le reste du paiement dépendra de la rentabilité future des actifs.
La somme approuvée, rapportée par Bloomberg le 31 mai, est destinée à couvrir les coûts de réhabilitation et de fermeture des mines ainsi que l'impact sur l'emploi. Afin d'éviter de payer trop cher, Lausitz Energie Bergbau AG devra fournir la preuve des coûts futurs et sera indemnisée sur la somme restante de 550 millions d'euros, selon la lettre envoyée par la commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager.
L’Allemagne tente d’accélérer l’élimination progressive du charbon dans son mix de production d’électricité après avoir échoué à atteindre ses objectifs de réduction des émissions. Le gouvernement a déjà accepté en 2020 de verser des milliards d’euros de compensation à LEAG et RWE AG pour fermer les centrales électriques au charbon d’ici 2038. Désormais, pour réduire plus rapidement les émissions de carbone, l’État tente de négocier une accélération de la sortie du charbon de huit ans.
En 2022, RWE a accepté une élimination progressive d’ici 2030 et recevra 2,6 milliards d’euros de paiements de l’État. LEAG est toujours autour de la table des négociations car elle souhaite continuer à brûler du charbon au-delà de la fin de la décennie.
Les centrales à combustibles fossiles doivent payer pour les permis d’émission de carbone et les ministres craignent que les bénéfices du charbon soient de toute façon réduits si ces coûts augmentent. La mesure de soutien vise à résoudre ce problème : si LEAG décide de fermer des usines plus tôt parce que les perspectives ne sont pas rentables, la subvention serait réduite. Sans surprise, LEAG affirme que le charbon restera rentable jusqu’en 2038, date de sortie légale actuelle.
« C'est un pari sur l'avenir », a déclaré le ministre de l'Economie Robert Habeck lors d'une conférence de presse à Berlin, ajoutant que le manque à gagner pour 2038 était difficile à calculer.
La Commission européenne doit encore rendre sa décision finale sur le paiement.




