L’UE va imposer des sauvegardes provisoires pour protéger l’acier électrique des importations

L’Union européenne imposera une série de quotas d’importation et de prix minimaux pour l’acier électrique et les produits en aval, a-t-elle annoncé vendredi, dans le but de protéger l’UE des importations bon marché, principalement en provenance d’Asie.

Cette décision profitera à l’unité sidérurgique de Thyssenkrupp (ETR : TKAG) TKSE et au polonais Stalprodukt SA (WSE : STP), l’un des derniers producteurs européens d’acier électrique, utilisé dans les éoliennes et les réseaux électriques.

Pour maintenir la production en Europe, l’UE établira des « sauvegardes » sous la forme de quotas pour l’acier électrique à grains orientés (GOES), ainsi que pour les tôles et les noyaux de transformateurs contenant ce métal. Pour l’acier lui-même, le prix minimum sera fixé entre 2 800 et 3 400 euros par tonne dans la limite des quotas et à 3 500 euros par tonne pour les volumes supérieurs.

« Ce qui est particulièrement significatif est que, pour la première fois, c’est toute une chaîne de valeur, de l’acier électrique au noyau du transformateur, qui est protégée plutôt qu’un seul produit », a déclaré Marie Jaroni, PDG de TKSE.

La Commission européenne a lancé une enquête sur les sauvegardes pour les AMGO en mars. Les mesures à appliquer à partir du 25 septembre sont provisoires, le temps que l’enquête se poursuive. Des mesures définitives, à la fin de l’enquête, nécessiteraient qu’elles soient imposées à la majorité qualifiée des membres de l’UE.

L’acier électrique n’a pas été couvert par des mesures plus larges imposées plus tôt cette année pour protéger le secteur sidérurgique européen en difficulté, qui subit une pression intense de la concurrence à bas prix, notamment de la Chine.

Thyssenkrupp a annoncé l’année dernière des arrêts temporaires de production sur ses sites d’acier électrique en Allemagne et en France en raison de concurrents vendant leurs capacités excédentaires sur les marchés européens à des prix qui, selon certaines sources, seraient des rabais de 25%.

La décision de Bruxelles intervient alors que l’industrie du continent réclame de plus en plus une meilleure protection contre la Chine, le deuxième partenaire commercial de l’UE après les États-Unis, les entreprises de l’automobile, de la chimie et de l’acier étant toutes confrontées à des pressions.

Les importations d’acier électrique en provenance de Chine, du Japon, de Russie, de Corée du Sud et des États-Unis sont soumises à des mesures antidumping, également sous la forme de prix minimaux à l’importation, depuis 2015. Les nouveaux prix minimaux, bien que non strictement comparables, sont nettement plus élevés que ceux déjà en vigueur. Elles s’appliqueront également aux produits en aval.

La Chine représentait plus de 50 % des importations européennes d’acier et de produits en aval en 2025.

(Reportage de Philip Blenkinsop et Christoph Steitz ; édité par Kevin Liffey et Louise Heavens)

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Nicolas